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Ce qu’il faudrait que je te dise…

nous

Tu n’es pas arrivée par hasard. Tu es le fruit de l’Amour et de la Science. Par ton histoire, et comme des millions d’autres, on a fait de toi une personne unique. Parce que tes mamans s’aimaient et parce qu’elles savaient qu’elles avaient encore de l’amour à foison à partager, elles ont décidé de concevoir ce petit être qui allait devenir : Toi.

Il a fallu se poser beaucoup de questions. C’est pas un monde facile, tu sais. Mais notre réalité, notre quotidien d’amour et de joie a fait pencher la balance. On peut être heureux, transmettre son bonheur, et propager la joie. Et si on le fait suffisamment fort, on pourra [un jour] dissiper le malheur qui rongent les autres.

Tu auras deux parents, et même, deux mamans. C’est beaucoup, deux mamans. C’est beaucoup de probabilités d’être surprotégée. Mais on fera des efforts, puisque tu es un être libre. Tu auras le droit d’expérimenter, de découvrir, d’être heureuse, triste, en colère, tu pourras être toi.

Tu demanderas un jour qui est ton papa. Tu as le droit de poser la question puisque moi même, je l’ai posé à ma maman, il y a fort longtemps. Comme toi, je ne connais pas mon papa. Mais la vérité, c’est que je n’ai pas de papa. J’ai un géniteur. Tu as toi aussi un généreux géniteur qui de part sa gentillesse et sa générosité, a rendu possible le rêve de tes mamans.

Les gens ne comprennent pas toujours le sens du mot famille. La famille, c’est les gens qui t’aiment, t’encouragent, ceux qui sont bienveillants, empathiques. Ceux qui sont là chaque jour quelques soient tes peines et tes joies. Il n’y a pas de nombre, pas de sexe. Il n’y a que l’Amour des uns pour les autres.

Tu auras le droit de tout savoir. Où tu as été conçu et comment. On t’amènera là-bas, un jour, pour un petit frère ou une petite sœur, et tout deviendra concret pour toi.

C’est Maman qui t’as porté au creux de son ventre. C’était incroyable de savoir que tu grandissais là, et que j’étais la bulle qui entourait Maman et toi. J’ai entendu les premiers battements de ton cœur, j’ai senti tes premiers coups, j’ai beaucoup pleuré de joie en imaginant le jour où tu serais dans nos bras.

Je me souviendrais toute ma vie de ce jour, ou plutôt de cette nuit où je t’ai vu pour la première fois. Je me souviens de la sage femme brandissant ton petit corps presque irréel. On a beau savoir qu’il y a un bébé à l’intérieur, le choc est indescriptible. Mais c’est un magnifique choc.

Je me suis sentie mère, tout de suite. Il y a eu des changements dans mon corps aussi, et je ne pourrais l’expliquer mais je me sentais aussi connectée à toi. Je pense que personne me croirait si je disais que mon corps a aussi travaillé pendant cet accouchement
[à moindre mesure, évidemment].

Je me suis sentie tout de suite sereine, j’ai trouvé ma place très facilement, encore aujourd’hui. Bien sûr, je sais que ça pourra changer puisque tu vas grandir, t’affirmer, tu vas passer par différentes phases qui vont nous forcer à faire fonctionner nos cerveaux pour t’éduquer du mieux qu’on peut. Mais pour le moment, on te regarde grandir et c’est délicieux.

On m’a dit qu’il faudrait que je porte un enfant, moi aussi. Que je sache ce que ça fait, pour avoir ce « lien ». Mais de quel lien on me parle ? Il y a donc des millions de papas qui n’ont pas ce lien avec leur enfant parce qu’ils n’ont pas pu porter ? Il n’y a pas ce lien entre les mamans et les papas qui ont adopté un enfant ?

Et bien, si je n’ai pas ce lien avec mon premier enfant, je ne pourrais l’avoir avec le second. Je ne peux pas me permettre d’aimer différemment un autre que Toi. Mais, je sais bien que c’est faux. Que je porte ou non, j’aimerais mes enfants aussi intensément. La grossesse ne fait pas la Maman. Sinon, il y aurait 100% d’enfants vivant avec leur maman biologique heureux. Ce serait tellement beau, si 100% des enfants étaient aussi choyés que tu le seras.

J’ai beaucoup d’admiration pour Maman Nanie qui t’as porté. Elle a dû renoncer à bien des plaisirs. Ceux de l’apéro les soirs d’été, de la cigarette qu’elle appréciait tant, du goût du saucisson ou d’un steak saignant. Elle a souffert bien des heures mais ça lui paraît tellement loin aujourd’hui. Elle est forte ta Maman. Elle aussi t’as aimé très fort dès la première seconde. J’en suis la première témoin.

Elle te donne le meilleur, chaque jour. Son corps qui t’as conçu cellule par cellule te nourrit depuis bien des mois, et c’est admirable. Elle te laisse dormir près d’elle, ou contre elle. Elle te nourrit de bisous et de « Je t’aime » et elle ouvre son esprit très fort pour réfléchir au meilleur pour toi.

On se fait confiance, on se partage tes câlins et on te transmet tout notre amour.

Tu nous vois, toute excitée chaque mois, te prendre en photo pour voir comment tu as grandi. Les sauts de joies quand tu évolues, et bien trop vite, faut le dire. Mais on en perd pas une miette.

J’ai dû faire une demande d’adoption pour devenir ta mère aux yeux de la loi. Tu te rends compte, après tout ça, qui douterait de mon Amour ? J’espère pas toi, jamais. Je t’aimerais toujours quoi qu’il arrive. Tu es ma fille. L’ADN, le sang, qu’importe. J’ai le cœur qui brûle chaque fois que je sens ton souffle sur moi. Tes pleurs provoquent une chaleur qui part du centre de mon corps, et c’est déchirant, au sens propre. Alors grâce à chaque caresse, chaque bisou pour te rassurer, ou juste pour montrer mon affection, je te transmet un peu de moi.

Aime les filles, aime les garçons mais aime toi. Aime la vie, la Nature, les petites choses délicates de la vie. Fais du sport, de la danse, du foot, du théâtre, de la musique, fait ce que tu aimes. Deviens infirmière, écrivain, pâtissière, pilote d’avion, fais ce qui te passionne. Soit ce qui te passionne.
Soit heureuse comme nous, nous sommes heureuses.

Soit toi Elin.

Et ce que j’aimerais afficher dans ta chambre pour que tu ne l’oublies, ni nous d’ailleurs, provient du livre de Céline Alvarez. Voilà ce que ça dit :

« Nos enfant sont doués, extraordinaires et uniques. Et si notre école n’est pas capable de mettre un genou à terre et de servir l’expression de cette humanité naissante, alors elle se prépare à de grandes difficultés. Car l’être humain ne peut plus attendre, ses potentiels doivent maintenant être libérés et rayonner de leur pleine puissance. « Tu es, devrions-nous dire à notre enfant, un être naturellement doué de raisonnement, d’empathie, d’imagination, de créativité, de générosité; je n’ai rien à créer moi-même en toi, tu possèdes déjà tout cela à l’intérieur. Les mois passant, poussé par les lois de la nature, tu vas vouloir ardemment, de tout ton être, développer ces potentiels qui t’ont été donnés à ta naissance, tu vas vouloir marcher, parler, explorer le monde, aider les autres, avoir des copains, te chamailler, mener tes propres projets. Tout cela, tu voudras le faire seul, et tu auras raison, car c’est toi-même, par tes propres expériences qui transformeras ces promesses initiales en une intelligence unique et solide. Mais, dans cette grande conquête de ton humanité individuelle, je serai là pour t’aider.Je saurai reconnaître la grandeur de ton intelligence et de ses besoins, je saurai la respecter, la guider – fermement lorsque ce sera nécessaire, sois-en certain. Mon désir le plus cher est que tu puisses révéler ce que tu portes, l’épanouir pleinement et éclairer le monde de ton intelligence aide sa beauté. »

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